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LA SCIENCE DU TDAH

Câblage unique, potentiel infini :
Ce que les neurosciences disent vraiment de nous 

Note de la Rédaction : Bienvenue chez les TDAHeuses

Avant de plonger dans le sujet, voici quelques précisions sur la ligne éditoriale et le ton de ce blog :

Qui suis-je ? On m'appelle ici Dr. Dopamine. Femme de 32 ans, je vis avec un Trouble du déficit de l’attention AVEC hyperactivité (TDAH)

En 2021, j'ai commencé à assembler les pièces du puzzle. Après un bilan approfondi fin 2022 et un diagnostic confirmé en février 2023, ma vie a pris un nouveau sens. Sous traitement depuis deux ans, j'ai passé chaque jour à me renseigner et à tester des solutions pour transformer mon chaos en clarté. Le résultat ? Je suis enfin (presque?) en paix. J'ai atteint ce niveau de stabilité émotionnelle et fonctionnelle que je recherchais. Je sais exactement par quoi vous passez, et je suis la preuve vivante qu'avec les bons outils et de la bienveillance envers soi-même, on peut enfin vivre une vie qui nous ressemble. 

Ce blog est le fruit de mon expérience et de mes recherches, écrit par une concernée, pour des concernées.

 

Notre Sororité : Dans mes articles, j'utilise volontiers le terme « TDAHeuses » pour désigner les femmes qui partagent ce fonctionnement. J'écris à la première personne du pluriel (« nous »), car je m'inclus dans cette aventure : nous ne sommes pas seules, nous sommes une communauté, une véritable sororité pleine de réflexion et d'entraide.

Petit Lexique & Raccourcis

 

Pour faciliter la lecture et la fluidité des échanges, vous trouverez ici quelques raccourcis linguistiques :

  • TDAH : Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

  • Neurotypique vs Neuroatypique : Une personne neurotypique suit un développement neurologique considéré comme "standard", tandis qu'une personne neuroatypique présente un fonctionnement cérébral différent de la norme.

  • Terminologie : J'utilise les expressions « Personne TDAH », « les TDAH » ou « les TDAHeuses » par commodité de langage pour désigner les personnes atteintes de ce trouble

Note aux lectrices :

 

Ce blog se veut un espace de partage bienveillant. Si la rigueur scientifique m'est chère, le ton reste celui d'une femme qui parle à ses pairs. Merci de recevoir ces mots avec l'esprit d'ouverture qui caractérise notre belle communauté !

"We don't heal in isolation, but in community."

S. Kelley Harrell, Gift of the Dreamtime - Reader's Companion

Le système dopaminergique

Dopamine & Neurones : 
Décoder la science de notre neuroatypie 🧪✨

Si vous êtes ici, c’est que vous avez probablement déjà ressenti ce décalage : cette impression de ramer à contre-courant là où d’autres semblent glisser sans effort. Pour nous, les TDAHeuses, comprendre la mécanique de notre cerveau n'est pas un luxe, c'est une libération..

Aujourd'hui, on plonge au cœur de notre moteur chimique : le système dopaminergique.

Le TDAH n'est pas une question de volonté, c'est une question de neurobiologie. Le TDAH est en effet un trouble directement lié à une régulation et à une localisation anormales de la dopamine (notre molécule du "plaisir" et de l'action) et ses récepteurs.  Ils ne sont pas là où ils devraient être ! Ou bien ils ne circulent pas de manière optimale… 😑

Ce déséquilibre neurochimique affecte directement trois piliers de notre quotidien : 

  • La concentration : Notre capacité à filtrer les distractions.

  • La régulation émotionnelle : Pourquoi nos émotions sont parfois des tsunamis.

  • L'impulsivité : Ce fameux "agir avant de réfléchir" qui nous joue des tours.

Ainsi, comprendre ces fondements neurobiologiques, c'est comprendre nos symptômes et arrêter de culpabiliser. C'est la clé pour adopter (ou faire adopter!) des stratégies thérapeutiques ciblées — qu'elles soient médicamenteuses ou comportementales — et enfin reprendre les commandes.

Fonction de la dopamine
La Dopamine : Bien plus qu'une simple sensation de plaisir

La dopamine est un neurotransmetteur : un messager chimique qui permet à nos neurones de discuter entre eux. La dopamine joue un rôle clé dans plusieurs fonctions cérébrales et corporelles. 

La dopamine joue un rôle important dans : 

 

     1. Le Système de Récompense 🎁

La dopamine est impliquée dans le système de récompense du cerveau. C'est elle qui crée cette sensation de plaisir lors d’un comportement agréable. 

 

      2. La Motivation et Prise de Décision 🚀 

La dopamine est l'essence de notre moteur. Elle régule la motivation et influence la prise de décision, en nous poussant à poursuivre des objectifs. Sans elle, la mise en route est laborieuse. J’introduis ici le terme de “fonction exécutive”.

 

     3. Le Contrôle Moteur  💪

La dopamine est également cruciale pour le contrôle moteur, et un déséquilibre peut entraîner des troubles tels que la maladie de Parkinson, caractérisée par une perte de motricité. A plus petite échelle, notre agitation interne.

     4. Le Contrôle de nos émotions 🎭

Elle participe aussi à la régulation de l’humeur et des fonctions cognitives comme l’attention.

 

En somme, la dopamine joue un rôle central dans de nombreux aspects de notre fonctionnement cérébral et corporel, qu’il s’agisse de la récompense, de la motivation, ou du contrôle moteur.

Structure de la dopamine
La minute "Labo" : De quoi est faite notre précieuse alliée ?

Pour les amatrices de chimie (ou celles qui aiment savoir exactement ce qu'il se passe sous le capot). 

La dopamine est un neurotransmetteur, soit une molécule chimique permettant la transmission de signaux nerveux d'un neurone à un autre. C’est une catécholamine dont la composition chimique est:

C₈H₁₁NO₂

Elle comprend un noyau benzénique (catéchol) attaché à une chaîne latérale éthylamine, comme visible ci-dessous.

Molécule Dopamine.png
Structure chimique de la dopamine

C'est cette structure précise qui lui permet de se fixer sur nos récepteurs et de transmettre les messages de motivation dont nous avons tant besoin.

Vous visualisez maintenant ce qu'est la dopamine. Mais pour comprendre pourquoi elle nous fait parfois défaut, nous devons aller encore plus loin.

Prêtes pour la suite ? On va passer à la loupe la biologie cellulaire pour comprendre comment le système dopaminergique fonctionne dans son ensemble.

Les Récepteurs dopaminergiques
🧠 Les "Conversations" entre Neurones

Pour comprendre comment l'information circule dans notre cerveau, imaginez une conversation entre deux personnes. Car oui, nos neurones passent leur temps à "discuter" entre eux grâce à la dopamine.

L’analogie de la voix et des oreilles :

Pour entendre quelqu’un parler, il nous faut des oreilles, n’est-ce pas ? Dans notre cerveau, c’est exactement la même chose :

  1. Le Neurone Pré-synaptique (L’Émetteur) : C’est la personne qui parle. Il prépare son message dans de petits bagages appelés vésicules, puis il libère la dopamine (sa voix).

  2. La Fente Synaptique (L'Espace) : C’est l’espace entre les deux neurones, comme l’air qui nous sépare lors d’une discussion. La dopamine y voyage pour porter le message.

  3. Le Neurone Post-synaptique (Le Récepteur) : C’est la personne qui écoute. Pour capter le message, elle utilise ses récepteurs dopaminergiques (ses oreilles).

Le processus en résumé : Le neurone pré-synaptique qui parle libère la dopamine la fente synaptique. Cette molécule se diffuse alors jusqu’au neurone post synaptique pour s' "accrocher" (se lier) sur ses récepteurs dopaminergique. Une fois ce contact établi, le signal est transmis! 

Bravo à celles qui sont encore là !

 

Si vous lisez ces lignes, c'est que vous faites partie de ces TDAHeuses qui aiment comprendre exactement ce qu’il se passe "sous le capot". Après avoir vu comment nos neurones discutent, penchons-nous sur les véritables stars de cette conversation : nos récepteurs.

Si la dopamine est notre essence, alors les récepteurs dopaminergiques sont nos freins et notre accélérateur. Nous possédons 5 récepteurs dopaminergiques différents (D1 à D5). Dans notre cerveau, ils ne jouent pas tous le même rôle :

  • La famille "D1-like" - D1 et D5 : Ce sont nos signaux activateurs (notre accélérateur).

  • La famille "D2-like" - D2, D3 et D4 : Ce sont nos signaux inhibiteurs (nos freins).

R activateurs et inhibiteurs.png

Quand la génétique s'en mêle : Polymorphismes et Sensibilité

Le TDAH n'est pas une question de volonté, c'est une question de neurobiologie. Les recherches montrent que nous présentons souvent une particularité sur les gènes de ces récepteurs. Pour reprendre notre analogie de la conversation : c’est un peu comme si l'auditeur était malentendant. La dopamine est bien présente, mais nous n’y réagissons pas, ou beaucoup moins bien.

Pour les passionnées de biologie, sachez que l'on parle plus précisément de polymorphismes, plutôt que de "mutations" mendéliennes directes. Dans le cas du TDAH, ces variantes affectent généralement :

  • Le taux d'expression : Le nombre de récepteurs présents sur une certaine zone.

  • La transmission du signal : La manière dont le message est transmis à l'intérieur du neurone.

En résumé, ces variations de densité et d'efficacité de signalisation dans des zones spécifiques expliquent pourquoi notre "moteur" ne répond pas de la même manière que celui d'une personne neurotypique.

Voici la synthèse des variants génétiques et des localisations les plus étudiés pour le phénotype TDAH :

La minute "Labo" 🧪 : De quels polymorphismes parlons nous ?
Mutation 2.png
Principaux Polymorphismes des Récepteurs Dopaminergiques impliqués dans le TDAH
Autres Polymorphismes des Récepteurs Dopaminergiques
potentiellement impliqué dans le TDAH
Localisation et Expression des Récepteurs Dopaminergiques

Voici les papiers de référence qui ont établi ces liens génétiques, indispensables pour comprendre la biologie moléculaire du TDAH: 

​​

La minute "Labo" 🧪 : Les voies de signalisation

Puisque vous insistez... entrons dans le vif du sujet ! Pour agir, la dopamine doit activer des voies de signalisation bien spécifiques au sein du neurone. Nos 5 récepteurs sont ce que l'on appelle des RCPG (Récepteurs Couplés aux Protéines G).

Voici la cascade qui s'opère :

  1. Liaison : La dopamine se fixe sur son récepteur (famille D1 ou D2).

  2. Action sur l'Adénylate Cyclase : Cette enzyme est le chef d'orchestre. Les récepteurs D1 et D5 entraînent une stimulation positive de cette enzyme, tandis que les D2, D3 et D4 l'inhibent.

  3. Production d'AMPc : L'adénylate cyclase transforme l'ATP en cAMP (adénosine monophosphate cyclique).

  4. Signal Final : C'est ce taux d'AMPc qui va finalement dicter au neurone s'il doit activer ou inhiber les systèmes dont nous avons besoin pour fonctionner (système moteur, récompense ou motivation).

VS Dopamine.png
Voies de signalisation de la dopamine

🏁 Conclusion : De la Science à la Sérénité

Comprendre que notre fonctionnement repose sur des voies de signalisation spécifiques et des polymorphismes génétiques change tout. Le TDAH n'est pas un manque de caractère, mais une réalité biologique où nos récepteurs (D1 à D5) captent et transmettent le signal de la dopamine différemment.

En acceptant que notre "moteur" dispose de freins et d'accélérateurs aux réglages uniques, nous passons de la culpabilité à la stratégie. Nous ne sommes pas "défectueuses", nous sommes équipées d'un système de navigation qui demande simplement un manuel d'utilisation personnalisé.

Maintenant que nous savons que notre système de récompense et notre motivation dépendent de cette chimie, comment agir concrètement au quotidien ? Je vous donne quelques astuces dans cet article !

FEMMES & TDAH

Mystère et Révélation

Et si la pièce manquante du puzzle pour comprendre vos pics d'inattention ou d'impulsivité se trouvait dans vos ovaires ? Découvrons ensemble comment nos hormones dictent secrètement la loi dans notre cerveau. 

Si vous avez suivi mes précédentes parties, vous savez que la science nous éclaire de plus en plus sur les rouages complexes du TDAH. Pourtant, une réalité persiste : hommes et femmes vivent ce trouble différemment, que ce soit dans leurs symptômes, le chemin vers le diagnostic, la prise en charge ou les traitements proposés.

Ce n'est que récemment, au cours de la dernière décennie, que la recherche a commencé à tisser des liens concrets entre nos hormones féminines et la sévérité de nos symptômes du TDAH. Ces hormones, qui rythment notre quotidien, pourraient bien jouer un rôle plus important qu'on ne le soupçonne.

Alors, comment le cycle menstruel, avec ses fluctuations hormonales si spécifiques à notre physiologie, peut-il influencer notre vie de femme atteinte d’un TDAH ? Laissez-moi vous guider pas à pas à travers cette fascinante interaction pour mieux comprendre notre corps et ses réactions. Accrochez-vous, ensemble, nous allons décrypter ces liens essentiels !

Comprendre Votre Cycle Menstruel
Un Guide Complet

Nous allons explorer ensemble un aspect fondamental de la santé physique et mentale féminine : le cycle menstruel. Souvent perçu comme une simple "période", il s'agit en réalité d'un ballet hormonal complexe orchestré par des acteurs clés de notre corps, notamment les ovaires et un chef d'orchestre situé dans notre cerveau : l'axe hypothalamo-hypophysaire, impliquant l'hypothalamus et l'hypophyse. Ces derniers libèrent des signaux chimiques, les hormones GnRH, LH et FSH, qui à leur tour stimulent la production d'autres hormones essentielles comme les œstrogènes, la progestérone, et même une petite quantité de testostérone. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour mieux connaître notre corps et les variations qui l'animent tout au long du mois.

 

Accrochez-vous, on part à la découverte ! 🥾⛰️

Les Acteurs Clés du Cycle Menstruel : Définitions et Rôles

Pour bien comprendre le cycle menstruel, familiarisons-nous avec les principaux organes et hormones impliqués :

  • Axe hypothalamo-hypophysaire : Imaginez une équipe de direction dans votre cerveau. L'hypothalamus est une petite région qui agit comme un centre de contrôle. Il produit une hormone appelée GnRH (hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires). Cette GnRH est le messager qui va stimuler une autre glande située juste en dessous, l'hypophyse. Cette glande reçoit le message de la GnRH et répond en produisant deux hormones très importantes pour le cycle menstruel :

  • FSH (Hormone Folliculostimulante) : Comme son nom l'indique, la FSH stimule la croissance et la maturation des follicules dans les ovaires. Un follicule est comme un petit sac contenant un ovule.

  • LH (Hormone Lutéinisante) : La LH joue un rôle crucial dans le déclenchement de l'ovulation (la libération de l'ovule par l'ovaire) et dans la formation du corps jaune (une structure temporaire dans l'ovaire qui produit des hormones).

  • Ovaires : Ce sont nos usines à ovules ! Nous en avons (normalement) deux, situés de chaque côté de l'utérus. Ils sont responsables de la production des ovules et de la sécrétion des hormones sexuelles féminines principales : les œstrogènes et la progestérone.

  • Oestrogènes : Souvent considérées comme les hormones féminines principales, les œstrogènes sont produits principalement par les follicules en croissance dans les ovaires. Ils sont responsables du développement des caractéristiques sexuelles féminines (comme les seins), de la régulation du cycle menstruel, de la préparation de l'utérus pour une éventuelle grossesse, et il a également des effets sur les os, le cholestérol, l'humeur et bien d'autres fonctions

  • Progestérone : Cette hormone est principalement sécrétée par le corps jaune après l'ovulation. Son rôle principal est de préparer la muqueuse de l'utérus (l'endomètre) à recevoir un ovule fécondé et de maintenir une éventuelle grossesse. Elle a également une influence sur l'humeur et la température corporelle.

  • Testostérone : Bien que souvent associées aux hommes, les femmes produisent également de petites quantités de testostérone, principalement par les ovaires et les glandes surrénales. Chez la femme, elle contribue au désir sexuel, à la force musculaire et osseuse, et peut avoir une influence sur l'humeur et les niveaux d'énergie.​

Cycle menstruel.png
Organes & Hormones impliqué dans cycle menstruel
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